Confluence
La série Confluence explore la rencontre entre l’art premier — et plus particulièrement l’esthétique de l’art aborigène australien — et mon propre cadre de référence : mon origine, mes goûts, ma culture, mon expérience et mon parcours. Ce qui m’a d’abord frappé fut la force visuelle et la dimension symbolique des œuvres aborigènes. Cette fascination a ouvert un chemin, mais elle a aussi posé une question centrale : comment s’inspirer sans s’approprier, comment créer sans reproduire ?
Concevoir une identité artistique implique de tracer des limites. Reconnaître ce qui m’appartient et ce qui ne m’appartient pas. Certains concepts peuvent être librement investis — la représentation abstraite d’un paysage vu de haut, le pointillisme, l’usage de symboles universels liés à la nature, au rythme ou au mouvement. A l'inverse, les symboles tribaux spécifiques, tels que la fourmilière, les figures mythologiques comme les Sept Sœurs ou les récits du Temps du Rêve, relèvent d’une transmission culturelle et spirituelle propre aux peuples aborigènes. Ils ne peuvent être repris sans trahir leur sens, car ils n’appartiennent pas à mon histoire.
Confluence naît précisément dans cet entre-deux : un espace de tension et de dialogue, où l’influence devient une matière première à transformer. Chaque œuvre de cette série — Opposition, Nuit étoilée, Le lac d’or, Ondulations, Vortex rouge, L’œil — incarne ce cheminement intérieur, fait d’admiration, de retenue et de métamorphose.